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L'académie se déroule sur six orgues situés au coeur de Poitiers.

Les instruments utilisés pendant les cours sont:

1/ L'orgue François-Henri Clicquot de la cathédrale Saint-Pierre

Parvenu jusqu’à nous malgré les aléas du temps, le grand orgue Clicquot de la cathédrale de Poitiers est devenu un instrument célèbre dans le monde entier pour la beauté de ses timbres et la qualité de sa facture. Il est la référence la plus importante en ce qui concerne les orgues historiques de la période classique française.

Sorti intact de la période révolutionnaire, les détériorations dues à l'usage, à l'accumulation de la poussière imposaient son relevage. En 1813, Pierre-François Dallery, compagnon et filleul de François-Henri Clicquot, fut chargé d'effectuer un relevage. Il procéda aussi à une remise en état de la soufflerie. En 1821, Dallery revient et exécute un relevage plus important. Il profite de l'occasion pour déplacer la 2e trompette d'une octave qui devient une bombarde de 16' (tuyaux neufs sur une octave). En 1835, le facteur Henry effectue un relevage. Il revoit la soufflerie et quelques jeux d'anches. En 1838, lors de travaux du démontage de la rosace, l'orgue fut exposé, sans défence aux intempéries et aux oiseaux. La robustesse de l'orgue et le soin apporté au choix des matériaux et à la construction lui permirent de résister.

En 1871, Joseph Merklin replace neuf soufflets cunéiformes par deux réservoirs à plis parallèles alimentés par des pompes à bras. Il remplace le banc et le pédalier à la française par un pédalier à l'allemande. Faute d'argent, l'instrument put échapper aux transformations que se proposait de réaliser Aristide Cavaillé-Coll pour en faire un instrument symphonique. Le manque de moyens a donc permis de conserver l'orgue tel qu'il a été conçu.

La soufflerie est électrifiée en 1926 et, à partir de 1927, le facteur Robert Boisseau, assisté par la suite de aon fils Jean-Loup, assure l'entretien de l'instrument. En 1954, il adapte un pédalier moderne. En 1967, il procède à un réglage de la mécanique. En 1969, il dépoussière la tuyauterie des jeux d'anches. En 1976, il remet, dans sa position d'origine, la deuxième trompette déplacée en 1821. Ces travaux permettent à la batterie d'anches de retrouver son éclat et son équilibre de 1790.

De 1988 à 1994, un grand relevage est réalisé par Jean-Loup Boisseau et Bertrand Cattiaux.




2/ L'orgue Boisseau-Cattiaux de l'église Sainte Radegonde


Une reconstruction attendue
En août 1987, l'Association pour la Renaissance de l'Orgue de Sainte-Radegonde était officiellement déclarée et, sous la présidence de Maître Jean-Pierre Gilbert, reprenait l'élaboration du projet. De nombreux adhérents soutinrent ses démarches et enfin, en 1991, arriva le temps de la reconstruction de l'orgue de leur église. Le chantier était prévu dans le cadre de la rénovation des orgues de la ville par la municipalité.

Un orgue neuf, à quelques exceptions...
Le marché fut attribué à l'entreprise Boisseau-Cattiaux de Béthines. Cette grande entreprise française, spécialiste de restaurations historiques (Notre-Dame de Paris, Clicquot de la Cathédrale de Poitiers, Saint-Sernin de Toulouse, Chapelle Royale de Versailles…) a eu ici l'occasion de construire un grand orgue entièrement neuf, à l'exception de la boiserie du grand buffet consolidé, nettoyé et redoré, d'un certain nombre de tuyaux et de réservoirs qui ont servi au Clicquot de la Cathédrale pendant plus de 100 ans.
L’entreprise Boisseau-Cattiaux a été aidée dans cette tâche par les ateliers :
de Philippe Emériau d’Angers pour la mécanique,
de Jean-Paul Villechange de Guesnes qui a fabriqué les tuyaux de métal
et par Joël Petrique, qui a conçu et installé le combinateur.

L'orgue comprend 56 jeux répartis sur 4 claviers manuels et un pédalier de 32 notes, avec toutes les ressources techniques et sonores nécessaires à l'interprétation de l'ensemble du répertoire.
Soulignons ici la présence d’un grand Récit romantique, souhaité pour jouer Franck, Vierne, Widor et autres symphonistes.
Le buffet du Positif est entièrement nouveau, boiserie comprise.
Un clavier important de Résonance sera souvent appelé en renfort de la Pédale.
Le nombre élevé de jeux dans cet orgue a nécessité la mise en place de tirages de jeux électriques et un combinateur électronique autorise l’exécution de pièces de virtuosité dont la complexité de la registration constitue une redoutable difficulté supplémentaire pour l’interprète.
De même, la Machine Barker procurera une assistance efficace lors de l'accouplement des claviers sur le Grand Orgue.

 



3/ L'orgue Yves Sévère de l'église Notre-Dame la Grande

L’orgue commandé à Yves Sévère en 1989, a été installé et inauguré en 1996.
C’est grâce au soutien indéfectible du Père Robert Morin, curé de la paroisse et à la ténacité des organistes que le projet a pu aboutir. Yves Sévère est décédé en juillet 2004. L’orgue de Notre-dame la Grande est son dernier orgue neuf, son chef-d’oeuvre.

La composition de l'instrument a été conçue par Y. Sévère et les organistes sous le contrôle de J.P. Decavèle technicien-conseil du ministère. Pierre Chéron a établi les diapasons des tuyaux et la composition des plein-jeux, Jean Pierre Conan a assuré l’harmonisation. Alain Léon entretient l’orgue depuis 1998, il a effectué un relevage en 2007.

Les grandes lignes de cette composition sont celles d'un orgue polyphonique, muni de quatre plenum, un à chaque clavier manuel et un au pédalier. Les principaux, les flûtes, le cornet et la Sesquialtera comme les jeux d’anches permettent de multiples mélanges pour faire chanter un choral ou concerter une sonate.

L’instrument d’Yves Sévère est l’aboutissement de ce qu’il a passé toute sa vie à chercher. La disposition résolument contemporaine permet un rapport de mouvements à l'édifice, tout en tenant compte des impératifs des transmissions et des plans sonores. La charpente métallique assure la cohésion de l’ensemble. Les larges plates faces en flûte de pan (la forme primitive de l'orgue) sont munies de plafonds incurvés, véritables réflecteurs sonores élancés, qui renvoient le regard vers l’architecture.
L’alimentation en vent, sans réservoirs, munie de régulateurs sous les sommiers, est totalement repensée. Elle permet à l’orgue de respirer largement.
Le système de doubles soupapes donne au toucher douceur et précision quel que soit le nombre de claviers ou de jeux utilisés.

Ici, tout est au service de l’organiste et de l’expression musicale. L'orgue de Notre-Dame la Grande jaillit dans l'édifice, bateau à voiles dans la nef ou oiseau aux ailes déployées, qui souffle l'esprit de la musique.

Monique Bécheras et Dominique Ferran

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Les instruments de répétition utililisés par les stagiaires sont, en plus des trois instruments ci-dessus:
Les orgues de l'église Saint-Jean de Montierneuf, Saint-Porchaire, Saint-Hilaire et l'orgue d'étude du Conservatoire à Rayonnement Régional.




Le grand orgue de Saint-Hilaire (Wenner, 30/III):





L'orgue Merklin de l'église Saint-Jean de Montierneuf (Merlin, 16/II):




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